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Notre Histoire 

D'où venons-nous?


1. L'Église réformée du Québec n'est pas une '"nouvelle religion". Ses racines s'avèrent aussi profondes et aussi vieilles que celles du Québec même. Selon une, certaine conception populaire, on s'imagine que "français" est synonyme de "catholique romain" et que le protestantisme est "la religion" de races ou de peuples nonfrancophones. En fait, la Réforme protestante (pro signifie "pour", testatus signifie "ce qui est attesté, prouvé" : "en faveur de la vérité") fut lancée par un Français renommé, Jacques Lefèvre d'Étaples, professeur en théologie à la Sorbonne. Son commentaire sur l'Épure aux Romains, écrit en 1512, fut l'instrument de Dieu dans la vie du célèbre réformateur allemand, Martin Luther, et de plusieurs Français, parmi lesquels on trouve Guillaume Farel et Jean Calvin.

2. On suppose souvent aussi qu'il n'y a aucun lien entre les réformés français - qu'on appelle aussi huguenots, protestants ou catholiques réformés - et le début du Canada. Tout comme l'opinion précédente, celleci s'avère intenable à la lumière de l'histoire. L'esprit d'initiative et surtout l'expertise économique démontes par les huguenots et leur désir de fonder une colonie loyale à la couronne de France, où ils seraient libres d'adorer Dieu comme des catholiques réformés, ont grandement contribué à l'établissement du Québec et du Canada francophone. La liste suivante des gouverneurs de Nouvelle-France révèle l'influence des réformés dans la colonie:

1540 Jean-François de la Rocque, sieur de Roberval
huguenot

1598 Le marquis de la Rocque
catholique romain

1599 Pierre Chauvin de Rouen
huguenot

1602 De Chastes, gouverneur de Dieppe
huguenot

1604 Pierre de Gua, sieur de Monts, gouverneur de Pons
huguenot

1611 Charles de Bourbon, comte de Soissons
huguenot

1612 Le prince de Condé
huguenot

1620 Le prince de Condé vend le contrôle de la colonie à l'amiral de Montmorency
catholique romain

Champlain en assume la responsabilité
huguenot?

1625 Henri de Levy, duc de Ventedour
catholique romain

1629 Louis de Kerke, réfugié en Angleterre, assume les responsabilités de gouverneur de la NouvelleFrance
huguenot

1632 Traité de Saint-Germain. La Nouvelle-France est cédée au roi de France par les Anglais.

3. L'an 1540 marque le début des expéditions et tentatives françaises de colonisation en Nouvelle-France. François ler ordonne à Jacques Cartier de faire instruire les autochtones (Indiens) "en amour et crainte de Dieu et la sainte foi et doctrine chrétienne". Il n'est aucunement question de distinguer entre "foi romaine" et "foi réformée".

4. En 1541, le huguenot sieur de Roberval reçoit les mêmes instructions, toujours sans distinguer entre foi romaine et foi réformée, lorsqu'il est nommé vice-roi et lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-France. Ce n'est qu'en 1588, quarante-huit ans plus tard, que Henri 111, craignant le pouvoir des réformés qui possèdent deux cents villes en France, y compris La Rochelle, Montauban et Montpellier, déclare que désormais les huguenots doivent "abituer, tenir subjectz, et faine vivre en la crainte de Dieu, religion catholique apostolique et romaine" (lettre de Henri III, le 12 janvier 1588).

5. Pourtant la Réforme continue à faire son chemin en France et "christianisme" n'est plus nécessairement synonyme de "catholicisme romain". Dix ans plus tard, les réformés font à nouveau leur apparition en force en Nouvelle-France. Pierre Chauvin, "homme très expert quoi que de la religion prétendue réformée", sieur De Monts, fondateur de Port Royal et collègue de Samuel de Champlain (aussi de souches huguenotes), devient gouverneur de la Nouvelle-France.

6. En 1608, Champlain arrive à Québec, pour épouser deux ans plus tard une réformée, Hélène Boullé, avec le plein accord de De Monts. Jusqu'en 1625, l'économie est dominée par une forte présence huguenote, et la vie quotidienne en est grandement influencée. En 1625, avec l'arrivée des Jésuites, champions de la contreréforme, on constate une campagne suivie et persistante en vue de "libérer" la Nouvelle-France de l'influence et de la présence des huguenots. En France, le cardinal Richelieu accède à l'éminence sur le plan politique et procède, avec les Jésuites, à l'écrasement des huguenots. La Rochelle tombe sous ses forces armées et Richelieu demande que désormais les huguenots soient considérés ennemis de la couronne de France à cause de "leur fausse religion".

7. En 1627, Richelieu révoque la charte de De Caen, gouverneur en Nouvelle-France. De Caen, qui est réformé, voit sa position de gouverneur, aussi bien que son monopole commercial huguenot, cédés à une nouvelle compagnie catholique romaine. Richelieu crée la "Compagnie des Cent Associés" afin de promulguer la foi romaine dans la colonie. Malgré une telle pression, les huguenots continuent de venir en Nouvelle-France. Les archives du Vatican contiennent deux actes datés de 1635 et de 1637 insistant auprès des autorités françaises pour que les non-catholiques romains ne puissent s'établir dans la colonie. Sur le plan pratique, il est impossible d'appliquer avec rigueur la défense de 1627. En 1661, Mgr de Laval écrit à Rome pour se plaindre que les autorités françaises oublient d'observer à la lettre les désirs du roi concernant le nonétablissement des "protestants". Mais en 1665, après une série de mesures prises contre les réformés (abjuration, obligation de participer à la messe romaine, obligation de se marier devant un prêtre, dragonnades, exclusion explicite de certaines professions et occupations, calomnies, etc.), Mgr de Laval écrit au Pape Alexandre VII que presque tous les "protestants" quittent l'hôpital pour "entrer au ciel ou dans l'Église romaine". Mais cinq ans plus tard, en 1670, Mgr de Laval fait parvenir en France un nouveau mémoire visant l'interdiction d'accès à la colonie aux réformés. La même année, de Laval fait exécuter Daniel Veiel, sans doute à titre d'exemple, pour avoir embrassé à nouveau la foi réformée.

8. Malgré la position du clergé, on constate une certaine tolérance de la part des laïcs. Au moment de la révocation de l'Édit de Nantes de 1685, les huguenots cherchent à fuir l'oppression religieuse en France. Plusieurs se réfugient dans les "colonies", y compris en Nouvelle-France. Malheureusement leur souffrance y continue. Mais en 1715, Louis XIV meurt et le temps le plus difficile pour les réformés est passé. Une vraie tolérance se répand en France de même que dans ses colonies. Une reprise de l'arrivée des "colons protestants" est amorcée, de même qu'un retour des marchands réformés de la Rochelle. Toutefois, une foule de restrictions restent en vigueur. On refuse aux réformés les professions de médecin, de pharmacien, de sage-femme, d'avocat, de notaire, de juge et de tout poste civil. Il est impossible de devenir citoyen, puisque c'est le privilège de ceux qui appartiennent à la foi romaine. Les enfants des réformés sont obligés de fréquenter les écoles catholiques romaines et aucune célébration religieuse réformée ne leur est permïse.

9. Pourtant, en 1741, la présence réformée en Nouvelle-France est désormais redevenue si importante que le clergé juge nécessaire d'en avertir le Conseil de la Marine. Plusieurs entreprises protestantes de La Rochelle, de Montauban et de Rouen y ont installé leur commerce. En 1757, l'évêque Mgr de Pontbriand se plaint toujours du très grand nombre de "protestants" établis au Québec, ceci malgré les décrets explicites et malgré les pressions réitérées du clergé. En 1759, la Nouvelle-France est prise par les Anglais. Un soldat britannique note dans son journal que lors d'une célébration protestante, plusieurs protestants français y assistent avec les soldats anglais (journal du capitaine Knox). Le nouveau régime permet désormais la liberté religieuse. Après la révolution française de 1789 et la prise du pouvoir par Napoléon Bonaparte en France, l'identité et la célébration publique de la foi réformée sont officiellement reconnues en 1804. Mais ce n'est qu'avec l'arrivée à Montréal en 1835 de deux missionnaire suisses, Louis Roussy et Mme Henriette Feller de la Société missionnaire Suisse, que la foi réformée peut se structurer. A. Therrien cite les objectifs de la Société:

"Lorsque le comité des missions de Lausanne résolut d'envoyer ses premiers ouvriers auprès des tribus indiennes au Canada, un des motifs qui le décidèrent fut l'espérance qu'ils pourraient en même temps annoncer l'Évangile aux Canadiens catholiques romains qui parlent tous le français... C'est ce qui engage a quelques-uns de nos compatriotes à se consacrer exclusivement à ce peuple..."

10. Par leur initiative, la première paroisse est structurée en 1837. En 1839, avec l'aide des missionnaires et l'appui des protestants anglais, la Société missionnaire franco-canadienne est établie "afin d'enseigner (aux Canadiens français) les grandes doctrines de la foi réformée", plus précisément:

- la déchéance complète de l'homme;

- la divinité suprême du Seigneur Jésus-Christ;

- le caractère sacrificiel de la mort de Jésus-Christ;

- la divinité, la personne et l'oeuvre salvatrice du SaintEsprit;

- la justification par la foi seule en Jésus-Christ;

- la nécessité de la sainteté de vie qui est l'oeuvre du SaintEsprit en nous;

- la gloire éternelle du peuple de Dieu;

- la condamnation éternelle des ennemis de Dieu.

11. Bien avant le mouvement oecuménique moderne, cette Société montre déjà une grande volonté d'unité. Les Presbytériens, les Méthodistes, les Baptistes, les Anglicans et les Congrégationalistes fondent ensemble la Société "afin de répandre en français l'Évangile du Christ à tout habitant du Canada". La société vise l'établissement d'une Église francophone et indigène, non pas de segments francophones dans une dénomination majoritairement anglophone. En 1860 et encore en 1874, la Société réitère ce but:

"Le profond désir de cette Société est de se voir transformée en une Église francophone... libre des difficultés, des divisions si visibles des Églises britanniques, mais suivant tout ce qui est biblique en doctrine et en pratique. Un tel organisme ecclésiastique s'avère le plus convenable et approprié au peuple canadienfrançais".

12. Lorsque le travail de la Société se termine en 1881, l'Église presbytérienne au Canada hérite de la plupart des paroisses établies. Elle établit une commission d'évangélisation francocanadienne "afin de continuer le travail multi-dénominationnel de la Société missionnaire franco-canadienne". On nomme un secrétaire bilingue et la commission adopte les objectifs et le programme suivants:

- faire un travail de colportage;

- offrir une éducation primaire à tous, y compris à ceux qui vivent loin des écoles (internats);

- offrir de l'aide à tout groupe grand ou petit qui désire un pasteur;

- offrir de l'aide financière aux paroisses et aux groupes d'étude biblique;

- établir un poste de professeur de théologie au Collège presbytérien.

13. Les résultats du travail de la commission sont considérables. Vingt-cinq écoles et autant de paroisses sont établies. "Notre objectif est d'offrir la Bible à tous afin qu'ils reçoivent JésusChrist comme leur seul Sauveur." Plus de six mille étudiants sont formés à l'Institut français de Pointe-aux-Trembles, sans parler des autres écoles. La contribution et l'influence sur le système d'éducation provincial sont ressenties autant par les catholiques romains que par les protestants.

14. A partir de 1881, les ressources missionnaires de l'Église presbytérienne au Canada sont de plus en plus employées au développement de l'Ouest canadien. Chaque année, des immigrants arrivent par vagues successives et cette augmentation de population capte l'attention de l'Église presbytérienne et de ses efforts missionnaires. Le résultat est évident car, à partir de 1912, un affaiblissement apparaît dans la mission au Québec. Ce changement d'orientation missionnaire, accompagné d'une baisse d'intérêt pour l'évangélisation à cause d'une nouvelle théologie libérale, fait décroître l'oeuvre francophone. En 1922, trois ans avant son union avec d'autres dénominations pour former l'Église unie, l'Église presbytérienne y compte neuf paroisses, ...un déclin considérable en peu d'années. La situation ne change guère pendant cinquante ans. En 1975, trois paroisses, Saint-Luc à Montréal, Saint-Marc à Sainte-Foy et Saint-Paul à Melbourne, constituent tout ce qui survit encore de l'oeuvre francophone. André Poulin, pasteur de l'Église SaintLuc, a lancé le journal "La Vie chrétienne" qui sert d'unique publication presbytérienne en français, tandis que l'Église unie, qui compte quelques paroisses de plus que les presbytériens, publie "L'Aurore".

15. Malgré la petitesse de l'oeuvre, un nouvel essor se prépare. Ross Davidson, après avoir exercé son ministère à la paroisse Saint-Marc de Sainte-Foy, devient pasteur de l'Église SaintPaul à Melbourne. David Craig, de retour de ses études en Suisse, est installé comme pasteur à Saint-Marc en janvier 1976. Sa contribution au développement d'une Église pour les Québécois favorise la croissance de cette paroisse ainsi que l'expansion de l'oeuvre dans la région.

16. En 1978, Harold Kallemeyn, pasteur dans l'Église chrétienne réformée en Amérique du Nord ("Christian Reformed Church in North America") analyse en profondeur la situation réformée francophone de la province. Les résultats de cette analyse sont reçus avec enthousiasme, autant par son Église que par les autres ouvriers réformés de la province, et sont à la base de la contribution considérable de l'Église chrétienne réformée à l'oeuvre commune. Convaincue des possibilités de travail au Québec, cette Église refuse pourtant que cette oeuvre porte son étiquette dénominationnelle. Elle partage la même vision que nos ancêtres spirituels : avoir une seule Église réformée francophone. Dans cette optique, Harold Kallemeyn fonde une nouvelle paroisse sur la rive sud de Montréal.

17. L'Église presbytérienne en Amérique (''Presbytérien Church in America") s'intéresse aussi à la mission au Québec. Après avoir fait leur propre analyse de la situation, ses représentants sont convaincus de l'importance d'oeuvrer au Québec. Les représentants de leur agence missionnaire acceptent le principe de former une seule Église réformée francophone et deviennent à leur tour des participants actifs à cette même oeuvre.

18. L'Alliance réformée évangélique (A.R.E.) se constitue en 1978 à Montmorency, dans la région de Québec, sur la base du Manifeste de Montmorency. Afin de promouvoir l'oeuvre réformée au Québec, les membres de l'A.R.E. se donnent trois objectifs

- aider à la structuration d'une Faculté de théologie, l'Institut Farel, afin que ses étudiants reçoivent une éducation théologique complète;

- lancer un journal de réflexion biblique et théologique qui portera le nom de pue.

- publier ou rééditer des oeuvres réformées en français, telles que l'Institution chrétienne de Jean Calvin.

19. Pour structurer l'Institut Farel, l'A.R.E. fait appel au pasteur Martin Geleynse. Sa paroisse, l'Église chrétienne réformée de Montréal, le libère gracieusement pour qu'il puisse devenir le coordonnateur de l'Institut Farel. Daniel Racine est nommé rédacteur en chef de la revue Parole et Harold Kallemeyn est chargé des publications des Editions Farel.

20. Il y a un Proverbe qui dit : "Dieu ne méprise pas les petits commencements", c'est ainsi que se sont précédemment annoncés les débuts de l'Institut Farel. Depuis un certain temps, le besoin d'un organisme pouvant offrir aux Québécois une formation théologique dans la tradition de la Réforme se faisait sentir. Après quelques expériences négatives où des Québécois ont essayé d'étudier dans les institutions théologiques anglophones établies, le pasteur de l'Église Saint-Marc, à Sainte-Foy décide d'offrir, à la demande de quelques membres de son Église, des cours d'histoire de l'Église, puis de dogmatique. Il s'agit bien de "petits commencements", puisque seulement deux étudiants suivent le premier cours. Mais l'enthousiasme se communique à d'autres étudiants et cela permet d'offrir de nouveaux cours. C'est ainsi que s'ajoutent des cours de langues bibliques, donnés par John Miller. C'est d'ailleurs ce dernier qui suggère le nom d"'Institut Farel" pour cette Faculté de théologie naissante. Un cours par extension est donné à une communauté chrétienne à Montmorency, puis la demande pour l'enseignement s'accroît. Daniel Racine, alors secrétaire francophone de la Société biblique canadienne et l'un des membres fondateurs de l'Église de la Rive-Sud de Montréal, est invité à enseigner à la Faculté. Puis, l'arrivée de Martin Geleynse comme coordonnateur et doyen de l'Institut, à la demande de l'A.R.E., permet à la Faculté de se structurer et de se faire connaître davantage. Il s'agit maintenant de gérer des locaux et du personnel, d'établir un programme d'enseignement et de faire la promotion de la Faculté auprès d'autres institutions. Avec le départ de Martin Geleynse en 1986, JeanGuy deBlois devient le nouveau coordonnateur et forme, avec Jean Zoëllner, Ross Davidson et David Craig, le nouveau Conseil de direction. Un nouveau programme d'études est alors offert en vue de l'obtention du baccalauréat en théologie.

21. Peu après les débuts de la Faculté, des jeunes professionnels de Saint-Georges de Beauce, qui avaient fait partie du mouvement chrétien "Les Navigateurs" pendant leur formation universitaire, demandent un cours sur l'histoire de l'Église. En 1980, Guy Dubé prépare avec eux la fondation d'une nouvelle paroisse à Saint-Georges, et devient ensuite le premier pasteur de cette paroisse.

22. La croissance de l'Église fait apparaître le besoin d'une structure plus formelle que celle de l'A.R.E. C'est ainsi que le S janvier 1984, à la demande du Conseil des anciens de l'Église réformée de Saint-Georges de Beauce et en présence de représentants de l'Assemblée chrétienne de Sainte-Croix de Lotbinière, de l'Église réformée SaintMarc, de la Communauté chrétienne de la Rive-Sud de Montréal et de l'Église catholique réformée de Saint-Geores de Beauce, "Il est résolu que soit établi le Conseil des Église réformées du Québec (C.E.R.Q.), qui regroupe les représentants des Églises et communautés chrétiennes engagées coopérativement pour la mission réformée au Québec, sur la base du Manifeste de Montmorency". Les objectifs du C.E.R.Q. sont alors:

- d'établir et de maintenir la liaison officielle avec les Églises dites "mères" ou coopérantes, soit l'Église chrétienne réformée en Amérique du Nord, l'Église presbytérienne en Amérique et l`Église presbytérienne au Canada;

- de coordonner la stratégie et les activités de la mission réformée au Québec;

- de rassembler dans une Église visible les paroisses issues de la mission réformée.

23. Une autre étape importante pour notre oeuvre se dessine les 10 et 11 février 1984. Lors d'une rencontre à laquelle les représentants des trois Églises coopérantes sont invités, Luc Thibaudeau leur présente les propositions suivantes de la part du nouveau Conseil des Églises réformées du Québec

- reconnaître le C.E.R.Q. comme porte-parole des Églises réformées au Québec;

- accepter la création d'une Église réformée évangélique et confessionnelle francophone;

- reconnaître la mission du C.E.R.Q. comme étant une mission coopérative de l'Église presbytérienne au Canada, de l'Église presbytérienne en Amérique et de l'Église chrétienne réformée.

24. Lors de cette réunion, il est souligné et mis en valeur les bases communes unissant les ouvriers francophones de ces trois dénominations, les liens historiques entre ces Églises réformées ainsi que l'histoire oecuménique de l'oeuvre francophone depuis son début, plus précisément depuis cinq ans. Le besoin de l'oeuvre francophone devient alors de plus en plus apparent et correspond, en quelque sorte, aux objectifs et aux sentiments de l'ancienne Société missionnaire francocanadienne de 1860, "qu'un tel organisme ecclésiastique s'avère le plus convenable au peuple canadien-français".

25. L'Église chrétienne réformée en Amérique du Nord et l'Église presbytérienne en Amérique accueillent ces propositions avec enthousiasme et leurs représentants signent un accord de principe avec le C.E.R.Q. L'Église presbytérienne au Canada, quant à elle, exprime davantage d'hésitations. Ses représentants, les pasteurs Ralph Kendall et Sam Priestly, refusent de signer à cause des convictions différentes et du pluralisme doctrinal au sein de leur propre Église. Ils comprennent toutefois les désirs et les intentions du C.E.R.Q. et sont favorables à titre individuel à la formation de cette Église, désirant appuyer cete oeuvre par leurs prières et leurs efforts matériels.

26. Pendant ce temps, de nombreuses activités se poursuivent sur le plan pastoral et missionnaire. L'établissement de nouvelles paroisses et la contribution de nouvelles personnes enrichissent la nouvelle oeuvre. Guy Dubé quitte Saint-Georges de Beauce pour poursuivre ses études théologiques. En 1983, Jean Zoëllner est alors nommé pasteur à Saint-Georges à la suite de son ordination par l'Église presbytérienne en Amérique. Lors de son retour au pays à l'été 1984, Guy Dubé, ordonné par l'Église chrétienne réformée, est installé à la paroisse de Sainte-Croix de Lotbinière. Alors que François Cordey prend la responsabilité pastorale de l'Église SaintMarc à Sainte-Foy à l'été 1984, une nouvelle paroisse peut en même temps voir le jour à Trois-Rivières avec David Craig. A Ottawa également, une oeuvre francophone se développe depuis 1985 par le travail de Yannick Baudequin, avec la collaboration de l'Église chrétienne réformée d'Ottawa et du C.E.R.Q. En juillet 1986, Mario Veilleux remplace Guy Dubé à Sainte-Croix de Lotbinière. Pour la première fois, au mois d'octobre de cette même année, les pasteurs et les anciens affiliés au C.E.R.Q procèdent à l'ordination d'un ancien, Mario Veilleux, à l'Église de Lotbinière. Pendant ce temps, Guy Dubé va fonder une paroisse à Montréal. L'année suivante, Jeff Marlowe prend la place de Harold Kallemeyn en acceptant, à l'automne 1987, de répondre à l'appel de l'Église de Saint Lambert sur la rive sud de Montréal. En même temps, un groupe de personnes appartenant à cette Église fait appel à Francis Foucachon pour venir fonder une Église à Repentigny. Un autre ancien, Georges Boisvert, est ordonné en septembre à Sainte-Croix de Lotbinière. Deux mois plus tard à la même Église, le 29 novembre 1987, on procède cette fois à l'ordination du premier pasteur, Mario Veilleux. Dans la région de Québec, des efforts sont également fournis pour permettre la formation d'une paroisse, en septembre 1988, sur la rive sud de Québec, à partir de quelques familles de Saint-Marc et avec la contribution de Jean-Guy deBlois.

27. Depuis maintenant dix ans, pas moins de sept nouvelles paroisses ont ainsi pris naissance. Des projets missionnaires ont également vu le jour, par exemple dans les régions de lOutaouais, Québec, Sherbrooke, et la Côte Nord, sans toutefois atteindre les résultats escomptés. Cependant, d'autres projets de développement viennent de démarrer ou sont mis à l'étude à Sherbrooke encore, au Lac Saint-Jean, en Beauce, etc.

28. Depuis la formation du Conseil des Églises réformées du Québec en 1984, la structuration et le développement de l'oeuvre se poursuivent, mais de nombreuses tâches restent à accomplir avant l'établissement officiel de l'Église réformée du Québec (É.R.Q.). C'est ainsi que la répartition du travail s'effectue à l'intérieur des différents comités relevant du C.E.R.Q. : L'élaboration des principes de gouvernement et de structure ecclésiastique est confiée au comité pour l'organisation de l'Église, qui doit achever la mise par écrit d'un document sur l'ordre et la discipline ecclésiastiques de I'ÊR.Q. Le 8 juin 1985, les représentants des différentes paroisses mettent ce document en application et acceptent ainsi le statut d"'Églises membresassociées" du C.E.R.Q. L'Église réformée du Québec est alors établie "en principe". Le comité de la confession de foi, responsable de doter la nouvelle Église d'une base confessionnelle adéquate, permet l'adoption du Catéchisme de Heidelberg le 6 novembre 1987 et de la Confession de foi de Westminster le 19 août 1988. Le comité de la vision et de la stratégie missionnaire, quant à lui, poursuit la coordination du développement de la mission. Enfin, le comité de la formation des responsables et le comité de traduction de matériel éducatif pour les enfants apportent une contribution supplémentaire au domaine de l'éducation.

29. C'est ainsi que tout est maintenant en place pour l'étape suivante, l'inauguration officielle de l'Église réformée du Québec, lors de la commémoration de la Réforme le dimanche 6 novembre 1988 au Château Frontenac, à Québec.

Comme Dieu a dit à son peuple par son prophète Ézékiel:

"Je t'ai promis fidélité et j'ai conclu une alliance avec toi. C'est ainsi que tu fus à moi, je l'arme, moi, le Seigneur" .

 

Si vous voulez avoir plus d'information sur l'histoire de l'église contactez Jason Zuidema, professeur-assistant en histoire de l'église à l'Institut Farel, Montréal, Québec.

 

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